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Euthanasie, maladies, famine : faut-il choquer pour réussir ?

Peine de mort, famine, catastrophes climatiques, luttes contre le SIDA, les cancers, la lèpre ou la solitude, sécurité routière, campagnes anti-tabac… Autant de situations et de sujets sensibles qui nécessitent une communication ad hoc auprès du grand public. Print, web, TV-Radios, tous les médias sont plus ou moins sollicités selon les époques de l’année et surtout, selon les « thèmes » abordés.

La question essentielle est : faut-il nécessairement choquer pour attirer l’attention et marquer les esprits ou expliquer les choses de façon plus ou moins pédagogique? Il faut savoir que, notamment en télévision, «tout élément de nature à choquer les convictions religieuses ou politiques» est proscrit par le décret du 27 mars 1992. C’est donc à l’ARPP (Autorité de Régulation Professionnelle de la Publicité) de jouer dans un premier temps, suivi par le CSA a posteriori. Viendra ensuite celui du grand public qui adoubera ou non la créativité des agences dites spécialisées.

Concernant la presse écrite et surtout les médias et réseaux sociaux, par lesquels l’information passe beaucoup plus vite, ce sont à eux de se réguler et de juger de la pertinence ou non d’une publicité, d’un événement qui pourraient se révéler choquant et à la finalité discutable.

Mercredi 2 novembre, la 4ème Journée Mondiale pour le droit de mourir dans la dignité a été le théâtre d’un rassemblement organisé par l’agence ADMD. Le but? Donner le coup d’envoi de plusieurs rassemblements en faveur de la légalisation de l’euthanasie, mais aussi lancer une campagne médiatique qui se veut d’envergure. Pour cela, l’ADMD s’est donc associée à l’agence de création publicitaire Melville, conceptrice de ladite campagne,  pour relayer l’ensemble auprès de la presse audiovisuelle avec un spot « évènementiel », suivi d’une communication dans la Presse Quotidienne Nationale, France Télévisions et le web.

Association pour le droit de mourir dans la dignité

Ce n’est pas la première fois qu’une association s’associe à une agence de publicité pour atteindre ses objectifs de communication. En mars 2011, l’ONG Amnesty International, qui fête alors ses 50 ans, s’associe avec l’agence de communication La Chose et propose un spot, « projection », qui marque les esprits, suivi d’une application iPhone et d’un « toast mondial pour la liberté » relayé à travers la France pour mieux faire passer le message.

Publicité choc sur les quais du métro, publicités chocs online, spots chocs à la télévision… Faire peur, faire dans le « gore » serait-il la meilleure proposition que les créatifs ont à faire? Pas forcément. Vous n’avez pas pu passer à côté d’Octobre Rose, ce mois dédié au dépistage du cancer du sein organisé par l’association « Cancer du sein, parlons-en!« . T-Shirt Isabel Marant, événement en fin de mois au Grand Palais, prix « Ruban Rose » et surtout une campagne globale de communication pensée au millimètre, dont une chaîne dédiée « Ruban rose » sur Youtube… Voici un exemple concret que les larmes et la souffrance ne sont pas les seules armes pour interpeller les esprits. De son côté, le nouveau magazine « Rose magazine », premier féminin haut-de-gamme pour les femmes concernées par le cancer, peut compter sur l’agence de conseil en communication et relations presse « La Vie en Rose » pour relayer de main de maître la sortie de ce 1er opus.

Toujours plus haut, plus fort, plus loin. Cette devise sportive pourrait tout à fait correspondre à l’esprit qui règne ces dernières années dans les couloirs des créatifs. Mais à quel prix? Nous voyons de plus en plus d’images sordides aux JTs, plus rien ne nous émeut, ne nous touche ou presque. Que faut-il faire pour frapper l’opinion? Du sang, de la peur, de la faim et des cris, encore et toujours jusqu’à l’overdose, sans discernement ou faut-il une communication peut-être moins trash, mais plus originale, censée et pointue, qui à plus émouvoir et attendrir qu’à faire peur?

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